Hier soir, j’ai passé 40 minutes à changer la couleur de rouge à lèvres de mon avatar Roblox. 40 minutes. Pour un perso que personne regarde vraiment à part moi. Et j’ai kiffé.
Voilà où on en est en 2026. La personnalisation, c’est devenu un truc central, un vrai loisir en soi. Roblox vient de lancer Avatar Makeup sur sa boutique, et franchement, ça marche. Tu peux poser du fard, du gloss, du eyeliner, tester des combos, changer d’avis, recommencer. C’est basique dans l’idée mais super bien foutu dans l’exécution.
Et pendant ce temps, WhatsApp fait exactement l’inverse.
Meta a décidé d’enterrer les avatars de profil sur WhatsApp. Définitivement. Ceux qui avaient créé leur petit personnage cartoon façon Bitmoji vont devoir passer à autre chose. L’option de personnalisation va être supprimée, il paraît même qu’il vaut mieux ne plus y toucher en attendant. Perso je comprends pas trop la logique. Les gens aimaient bien. Mais bon, Meta fait ce qu’il veut.
Le truc intéressant c’est que cette décision arrive au moment où tout le reste de l’industrie va dans l’autre sens. World of Warcraft, par exemple, a annoncé qu’ils préparent un système pour relooker complètement ton perso si tu le trouves moche. Vingt ans après la sortie du jeu, Blizzard reconnaît enfin que certains modèles ont mal vieilli et que les joueurs ont le droit de refaire leur avatar sans devoir reroll. C’est pas trop tôt.
Google Maps s’y met aussi. Ils viennent de piquer une idée à Waze pour permettre de personnaliser encore plus l’appli. La voiture qui te représente sur la carte, les icônes, ce genre de détails. C’est gadget mais ça fait plaisir. Et surtout ça montre à quel point même les applis utilitaires cherchent à te laisser mettre ta patte.
Parce que c’est ça le fond du truc, je crois. On veut tous que nos outils nous ressemblent un minimum.
Ça vaut pour les jeux, les applis, les réseaux sociaux, et même les plateformes de divertissement en ligne où on choisit son pseudo, son avatar, sa table préférée (sur Dublinbet par exemple, c’est un peu le même délire, j’en parle plus en détail juste là). Bref, la personnalisation elle est partout, tout le temps, dans tous les recoins.
Le vrai débat en 2026 c’est plus « est-ce qu’on peut personnaliser » mais « jusqu’où on va ». Roblox pousse le curseur très loin avec du maquillage détaillé sur des personnages qui restent malgré tout des blocs stylisés. WoW veut refaire des visages d’elfes de sang qui datent de 2007. Google Maps ajoute des petites voitures rigolotes. Chacun sa manière.
Ce qui me plaît le plus, c’est que la personnalisation devient enfin réversible. Avant, tu créais ton perso au début du jeu et t’étais coincé avec pour des années. Maintenant tu changes ton look quand tu veux, tu testes, tu reviens en arrière. C’est plus un engagement, c’est un jeu dans le jeu.
Les studios ont compris que les joueurs restent plus longtemps quand ils peuvent bricoler leur avatar. C’est pas de la magie, c’est de la psycho basique. Tu t’attaches à ce que tu construis. Un perso que t’as customisé pendant des heures, tu le lâches pas facilement.
Après, y’a des trucs qui me font tiquer. Le maquillage payant sur Roblox par exemple, c’est vendu dans la boutique. Donc oui c’est cool mais faut sortir la carte bleue (ou les Robux, ce qui revient au même). La personnalisation devient un modèle économique à part entière, et sur des plateformes où les gamins sont majoritaires, c’est un sujet.
WhatsApp qui supprime les avatars, ça pose une autre question : qu’est-ce qui se passe quand une plateforme décide unilatéralement de retirer un élément de perso auquel les gens s’étaient attachés ? Les avatars, c’est pas juste une image. C’est une petite extension de soi. Quand ça disparaît, y’a un truc qui coince.
Je sais pas vous mais moi j’ai passé plus de temps à choisir mes avatars sur les 5 dernières années qu’à choisir mes vêtements réels dans la vraie vie. C’est peut-être un peu triste dit comme ça. Ou peut-être juste cohérent avec l’époque.
Bref, la personnalisation gagne du terrain partout, sauf chez Meta apparemment. À voir combien de temps ils tiendront à contre-courant.